Fake news, IA, arnaques : « Flibustier Formation » veut armer toute une génération — et on salue la démarche

Depuis bientôt dix ans, le formateur belge Vincent Flibustier explique les fake news, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle et la cybersécurité de base à des publics très variés : élèves du secondaire, demandeurs d'emploi, enseignants, chefs d'entreprise, délégués syndicaux, détenus. Il a transformé cette expérience de terrain en quatre cours en ligne interactifs, riches de 138 chapitres, aujourd'hui portés par une campagne de financement participatif. À Citoyens Numériques, nous aimons mettre en lumière les démarches originales qui poursuivent le même but que notre mission : rendre chacun plus autonome et mieux protégé face au numérique.

Ce coup de projecteur n'est pas une publicité, et nous n'y avons aucun intérêt : c'est le regard bienveillant d'une association d'éducation sur une approche pédagogique astucieuse — gamification, contenu tenu à jour en permanence, tarif « écoles » quasi symbolique. Comme toujours, nous l'assortissons d'une invitation à se faire son propre avis : le premier module de chaque cours est gratuit et testable sans carte bancaire.

« Ça, faudrait que tout le monde puisse le voir »

C'est la phrase qui revient, projet après projet, à la fin des formations de Vincent Flibustier. Depuis 2016, ce formateur belge a sensibilisé plus de trente mille personnes à la désinformation, aux réseaux sociaux, à l'IA et à l'hygiène numérique, dans les écoles secondaires, les universités, les entreprises, les administrations, les syndicats, les prisons, et jusqu'au Parlement. À force d'entendre ses publics regretter que ce savoir ne soit pas accessible à tous, il a fini par le mettre en ligne.

Le personnage a une particularité qui fait sourire, mais qui a du sens : il est aussi le fondateur de Nordpresse, un site satirique et parodique bien connu. Autrement dit, peu de gens connaissent aussi bien la mécanique d'une fausse information que celui qui en a fabriqué, pour rire et pour éduquer. Cette connaissance « de l'intérieur » des ressorts de la manipulation — le titre qui accroche, l'émotion qui fait partager, l'image qui semble authentique — irrigue toute sa pédagogie.

L'idée de départ n'est donc pas de vendre une énième formation périssable, mais de transmettre une compétence de base, comme on apprend le code de la route : comprendre le numérique et savoir s'y défendre, un chapitre à la fois, à la portée de n'importe qui, quel que soit son âge ou son aisance avec la technologie.

Quatre cours, 138 chapitres et un mode « aventure »

Concrètement, la plateforme propose quatre cours déjà en ligne : Intelligence artificielle, Fake News, Réseaux sociaux et Cybersécurité. Ensemble, ils totalisent 138 chapitres interactifs et une soixantaine d'heures de formation que l'on suit à son rythme, autant de fois qu'on le souhaite. La promesse pédagogique tient en une règle simple : jamais plus de cinq minutes de lecture sans que le cours vous fasse agir — un quiz, une mise en situation, un texte à trous, un tri, une question ancrée dans votre quotidien.

Le contenu s'adapte d'ailleurs au profil de l'apprenant : au moment de l'inscription, on indique ce que l'on fait (enseignant, juriste, ressources humaines, commercial, dirigeant, étudiant, journaliste…), et les exemples se calent sur ce métier. Une même notion — repérer une arnaque, comprendre ce que fait vraiment un modèle d'IA — est ainsi illustrée par des situations parlantes pour chacun.

La trouvaille qui intéressera particulièrement les enseignants, c'est le « mode aventure ». Le même contenu sérieux y est présenté sous la forme d'un voyage : chaque cours devient une carte, chaque module une île, chaque chapitre une escale que l'on valide avant de poursuivre. Progression, séries, badges, mini-jeux : les codes sont ceux des applications que les adolescents utilisent déjà, façon Duolingo. Résultat, un outil éducatif que les élèves ont envie d'ouvrir d'eux-mêmes — ce qui, pour n'importe qui ayant tenté d'enseigner ces sujets, n'a rien d'anecdotique.

Autre parti pris rassurant : « essayez d'abord, financez ensuite ». Le premier module de chaque cours est ouvert, gratuit et sans carte bancaire, de sorte que l'on peut manipuler l'outil depuis son téléphone avant de décider quoi que ce soit. Pour une association qui répète qu'il faut toujours vérifier avant de s'engager, cette possibilité d'essayer en conditions réelles est un gage de sérieux.

Pourquoi cette démarche nous parle

Trois choix nous semblent particulièrement pertinents. Le premier, c'est l'accessibilité assumée. Le même type de cours se vend autour de 300 € en entreprise ; ici, il est proposé à 50 € l'année pour un particulier, et surtout à 5 € par élève et par an pour les écoles. Le modèle est limpide : un prix normal pour les entreprises, qui finance un tarif quasi symbolique pour les écoles. Comprendre le numérique et savoir se protéger ne devrait jamais être réservé à ceux qui ont un budget — une conviction que nous partageons pleinement.

Le deuxième choix, le plus malin peut-être, vise l'obsolescence. C'est le cœur du projet, et c'est un vrai problème dans l'éducation aux médias : rien ne vieillit plus vite qu'un cours sur le numérique. Le projet revendique une veille intégrée et une mise à jour permanente — un outil qui ferme, un nouveau modèle d'IA qui sort, une arnaque inédite, et le chapitre concerné est corrigé dans la semaine, pas dans trois ans. L'exemple donné parle de lui-même : des adolescents de quinze ans que l'on faisait encore plancher sur « les théories du complot du 11 septembre sur Facebook ». Parler de Facebook à un ado d'aujourd'hui, c'est déjà daté. Traquer cette péremption est sans doute le travail le plus utile — et le plus coûteux.

Le troisième choix, c'est la transparence, et elle nous tient à cœur. La page de campagne ne dépose aucun cookie publicitaire ni traceur tiers, détaille publiquement la répartition du budget (tournage, montage, TVA, mises à jour, formule écoles), et surtout dit franchement quel rôle joue l'IA dans la fabrication des cours : un rôle d'assistant pour classer, compiler et repérer ce qui a changé, jamais de pilote — « c'est moi qui tranche », insiste l'auteur. Pour une formation qui apprend précisément à décrypter l'IA, cette honnêteté de méthode est cohérente, et bienvenue.

Enfin, la démarche voit grand sans se payer de mots : l'objectif affiché est qu'une génération d'adolescents sache, demain, repérer une fausse information en quelques secondes, comprendre ce que fait réellement une IA et protéger ses comptes sans aide. On peut trouver l'ambition démesurée ; nous y voyons surtout la bonne échelle. Car c'est collectivement — école par école, classe par classe — que se gagne la bataille de l'esprit critique, bien plus qu'individu isolé par individu isolé. Une population mieux outillée, ce sont des arnaques qui prennent moins, un débat public de meilleure qualité et des conversations de famille plus sereines face aux écrans.

  • Un principe solidaire de « café suspendu » : des contributeurs peuvent payer d'avance des accès que des écoles ou des personnes sans moyens pourront demander gratuitement.
  • Des paliers de financement qui, une fois atteints, débloquent du contenu pour l'ensemble des apprenants (capsules vidéo, cours pour les aînés contre l'illectronisme, traductions).
  • Une part des sommes récoltées explicitement fléchée vers des licences gratuites pour des écoles sans budget.

Détourner les codes des applis… pour le bien

Il y a une ironie réjouissante à voir les ressorts de l'économie de l'attention — la progression, les séries, les badges, le petit plaisir de valider une étape — mis au service de l'esprit critique plutôt que de la capture du temps de cerveau. Ces mécaniques-là, nous les décryptons habituellement pour aider chacun à s'en protéger ; les retourner pour donner envie d'apprendre à se défendre est un choix pédagogique assumé, et plutôt malin.

Cela ne remplace évidemment pas le rôle irremplaçable de l'enseignant, du parent ou de l'animateur, qui restent les mieux placés pour ouvrir le dialogue, nuancer un propos et accompagner un jeune dans la durée. Un outil ne fait pas tout, et aucun cours en ligne ne dispense d'une conversation. Mais une ressource que les élèves ouvrent d'eux-mêmes, qui parle leur langue et qui reste à jour, est un allié précieux pour l'école comme pour la maison. C'est précisément le type de complément que nous aimons faire connaître, sans naïveté mais avec enthousiasme.

Une initiative à regarder de près, avec discernement

Soyons clairs, parce que l'esprit critique s'applique aussi aux causes qu'on apprécie : il s'agit d'un financement participatif, hébergé sur la plateforme Tipeee, ouvert du 17 juillet au 17 août 2026. Une période de test est prévue du 20 au 31 août pour les contributeurs, et la plateforme doit ouvrir à tous le 1er septembre 2026. L'équipe précise que, si l'objectif n'est pas atteint, les contributeurs sont intégralement remboursés, et que le projet se poursuivra à son rythme.

Nos réflexes de citoyens numériques valent ici comme ailleurs : avant de soutenir un projet, on prend le temps de vérifier. La bonne nouvelle, c'est que ce projet s'y prête. Le premier module de chaque cours étant ouvert et gratuit, chacun peut tester l'outil depuis son téléphone avant de décider quoi que ce soit — exactement ce que nous conseillons toujours. Lisez les contreparties, regardez où va l'argent, faites-vous votre propre opinion : une cause sympathique ne dispense jamais de garder la tête froide, et l'équipe du projet le reconnaît d'ailleurs volontiers.

Pour les enseignants et les directions, la formule écoles (5 € par élève et par an, les quatre cours, un tableau de bord pour suivre la progression) mérite le coup d'œil, tout comme la possibilité de « parrainer » une classe — la sienne, celle de ses enfants, ou une école sans moyens. Là encore, le mieux est de tester le module gratuit avec un groupe avant de s'engager.

À Citoyens Numériques, nous saluons cette initiative parce qu'elle épouse notre conviction la plus profonde : la citoyenneté numérique s'apprend. Repérer une fausse information, comprendre ce que fait un algorithme, protéger ses comptes, ce ne sont ni des dons ni des affaires de génération — ce sont des compétences, qui s'enseignent et se transmettent. Chaque projet qui met ces compétences à la portée du plus grand nombre, et en particulier des élèves, va dans le bon sens. Celui-ci, avec son perroquet Merlin et sa carte au trésor, a en plus le mérite de le faire avec le sourire.

Sources


Le DSA passe à l'action : ce que la régulation des plateformes change pour vous

Depuis fin 2025, l'Europe ne se contente plus d'écrire des règles pour les réseaux sociaux : elle les fait appliquer. En décembre 2025, la Commission européenne a prononcé sa première amende au titre du règlement sur les services numériques, le DSA, et une vingtaine d'enquêtes visant les plus grandes plateformes sont en cours. Derrière ce vocabulaire technique se cache une idée simple : les grandes plateformes que nous utilisons chaque jour ont désormais des obligations claires, et vous, comme utilisateur, disposez de droits que vous pouvez faire valoir.

Cet article n'a aucune ambition partisane. Il ne s'agit pas de dire si telle plateforme est « bonne » ou « mauvaise », ni de prendre position pour ou contre une entreprise. Notre objectif est pédagogique : vous expliquer ce qu'est le DSA, ce qu'il change concrètement dans votre vie numérique et surtout comment activer, en quelques clics, les nouveaux droits qu'il vous garantit.

Un contenu illicite sous vos yeux : que se passe-t-il désormais ?

Imaginez la scène, sans doute familière. Vous faites défiler votre fil d'actualité un soir de semaine, et vous tombez sur une publication qui vous met mal à l'aise : une arnaque évidente qui promet de doubler votre argent, une image manipulée présentée comme une vraie photo, un message de haine visant une personne ou un groupe, ou encore un contenu qui semble mettre en scène un mineur. Longtemps, le réflexe a été de hausser les épaules : « De toute façon, signaler ne sert à rien, personne ne lit. »

Ce sentiment d'impuissance était en partie fondé. Les procédures de signalement existaient, mais elles étaient souvent opaques, sans retour, sans explication. Vous cliquiez sur « signaler », et le contenu restait en ligne sans que vous sachiez pourquoi. C'est précisément ce point que le règlement européen sur les services numériques est venu changer. Le DSA, entré pleinement en application depuis 2024, part d'un principe de bon sens : ce qui est illégal hors ligne doit aussi être traité comme illégal en ligne, et les plateformes doivent rendre des comptes sur la manière dont elles s'en occupent.

Concrètement, les très grandes plateformes doivent aujourd'hui proposer un mécanisme de signalement clair, facile à trouver et à utiliser. Lorsque vous signalez un contenu, elles doivent en accuser réception et vous informer de la suite donnée. Ce n'est plus un geste dans le vide : c'est le début d'une procédure encadrée, avec des obligations à la clé pour l'entreprise concernée. Le 17 février 2026, à l'occasion du bilan des « deux ans du DSA », la Commission européenne a rappelé que l'objectif central de ce texte est de rendre les espaces en ligne plus sûrs, tout en préservant la liberté d'expression.

Le DSA, qu'est-ce que c'est au juste ?

Le DSA, pour Digital Services Act ou « règlement sur les services numériques », est une loi européenne adoptée pour encadrer la responsabilité des intermédiaires du numérique : réseaux sociaux, places de marché, moteurs de recherche, plateformes de partage de vidéos. Il ne vise pas à censurer les contenus au cas par cas depuis Bruxelles, ce qui serait à la fois impossible et dangereux. Il fixe plutôt des règles de fonctionnement : comment une plateforme doit traiter les signalements, comment elle doit expliquer ses décisions, comment elle doit informer sur la publicité et comment elle doit évaluer les risques qu'elle fait courir à la société.

Le texte distingue les acteurs selon leur taille. Les obligations les plus lourdes pèsent sur ce que l'on appelle les « très grandes plateformes en ligne » et les « très grands moteurs de recherche », c'est-à-dire ceux qui touchent un très large public en Europe. Ces géants doivent notamment analyser chaque année les risques systémiques liés à leurs services — diffusion de contenus illégaux, atteintes aux droits fondamentaux, effets sur la santé mentale ou sur les mineurs — et prendre des mesures pour les réduire. En 2026, la liste de ces très grandes plateformes a d'ailleurs continué d'évoluer : la Commission y a ajouté WhatsApp, désormais soumis à ces exigences renforcées.

L'autre nouveauté majeure, c'est que le DSA est doté de vraies dents. La Commission européenne peut ouvrir des enquêtes, exiger des informations et, si les manquements sont établis, infliger des amendes pouvant atteindre un pourcentage significatif du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise. En décembre 2025, elle a franchi une étape symbolique en prononçant sa première amende au titre du DSA, à l'encontre de la plateforme X, pour un montant de 120 millions d'euros. Ce n'est pas un jugement moral sur un réseau plutôt qu'un autre : c'est l'illustration qu'un cadre longtemps théorique devient une réalité qui s'applique.

Des enquêtes en cours : la régulation se met en mouvement

Depuis fin 2025, plusieurs enquêtes ouvertes par la Commission européenne montrent concrètement comment ce cadre se déploie. Elles concernent des services que beaucoup d'entre nous utilisent. La Commission examine par exemple le fonctionnement de X et de son outil d'intelligence artificielle Grok, après la circulation d'images manipulées, ainsi que le rôle des systèmes de recommandation qui décident de ce que chacun voit dans son fil. D'autres procédures visent Snapchat, dans le cadre de la protection des mineurs, ou encore la place de marché Shein, sur la question des produits illégaux et de la transparence.

Il faut ici insister sur un point d'équilibre. Ouvrir une enquête ne signifie pas condamner. Cela signifie que la Commission pose des questions, demande des documents et vérifie si les obligations du DSA sont respectées. Une entreprise mise en cause dispose de garanties, peut s'expliquer et corriger ses pratiques. Nous ne portons ici aucun jugement sur l'issue de ces procédures : nous décrivons un mécanisme qui, pour la première fois, permet à une autorité publique européenne de demander des comptes de manière structurée aux plus grands acteurs du numérique.

Pour le citoyen, ces enquêtes ont une vertu concrète, même à distance. Elles obligent les plateformes à documenter leurs choix : comment fonctionne l'algorithme qui met en avant certaines publications ? Comment sont modérés les contenus haineux ou trompeurs ? Comment les plus jeunes sont-ils protégés ? Ces questions, autrefois enfermées dans les coulisses des entreprises, deviennent des sujets publics, examinés au regard de règles communes.

On peut le voir comme un changement de culture autant que de droit. Jusqu'ici, chaque plateforme décidait seule de ses règles, souvent écrites dans de longues conditions d'utilisation que personne ne lit. Le DSA ne supprime pas la liberté de ces entreprises d'organiser leurs services, mais il fixe un socle commun de transparence et de responsabilité qui vaut pour toutes, quelle que soit leur nationalité, dès lors qu'elles s'adressent au public européen. C'est ce socle partagé qui donne aux règles leur force : une plateforme ne peut plus se contenter de dire « c'est comme ça chez nous ».

Ce que ça change vraiment pour vous : quatre droits à connaître

Au-delà des grandes manœuvres réglementaires, le DSA se traduit par des droits que vous pouvez exercer vous-même, sans être juriste. Il vaut la peine de les connaître, car ils changent la relation que nous entretenons avec les plateformes : nous ne sommes plus seulement des utilisateurs passifs, mais des personnes dotées de recours.

  • Le droit de signaler un contenu illicite et d'obtenir une réponse. Les plateformes doivent proposer un outil de signalement accessible et vous tenir informé de la décision prise. Vous n'êtes plus laissé dans le flou.
  • Le droit de comprendre la publicité. Une publicité doit être clairement identifiée comme telle. Vous devez pouvoir savoir pourquoi tel message publicitaire vous est adressé et au nom de qui il est diffusé. La publicité ciblée reposant sur des données sensibles ou visant spécifiquement les mineurs est encadrée.
  • Le droit de contester une décision de modération. Si une plateforme supprime votre publication, restreint votre compte ou refuse de retirer un contenu que vous avez signalé, elle doit vous expliquer sa décision et vous offrir un moyen de la contester. Il existe désormais des voies de recours internes, et des organes de règlement des litiges indépendants.
  • Une protection renforcée des mineurs. Les plateformes doivent tenir compte de la présence de jeunes utilisateurs, limiter certaines pratiques publicitaires les visant et intégrer la protection des enfants dans la conception de leurs services.

Vos réflexes pratiques et les bonnes ressources

Connaître ses droits, c'est bien ; savoir les activer, c'est mieux. La bonne nouvelle, c'est que ces gestes sont simples et à la portée de tous, quel que soit votre âge ou votre aisance avec le numérique. Prenez d'abord l'habitude de signaler plutôt que de simplement faire défiler. Chaque publication problématique dispose d'un menu, souvent représenté par trois petits points, qui ouvre l'option de signalement. Prenez trente secondes pour l'utiliser : vous contribuez à une base d'informations que les plateformes doivent traiter.

Ensuite, apprenez à lire la mention « pourquoi je vois cette publicité ». La plupart des grandes plateformes proposent désormais, à côté d'une publicité, une explication sur les critères qui ont conduit à vous la montrer. La consulter est une excellente manière de comprendre comment vos données orientent ce qui apparaît sous vos yeux, et de reprendre un peu la main sur votre expérience en ligne.

Si une décision vous semble injuste — une publication supprimée à tort, un signalement resté sans suite —, ne renoncez pas. Cherchez la rubrique d'aide ou de recours de la plateforme, souvent appelée « contester la décision » ou « faire appel ». Conservez une capture d'écran de la publication et de la notification reçue : ces éléments vous seront utiles si vous poursuivez la démarche. Pour les parents et grands-parents, c'est aussi l'occasion d'un échange précieux avec les plus jeunes sur ce qu'ils voient en ligne et sur la manière de réagir ensemble.

Un mot, enfin, pour les parents et les enseignants. Le DSA fait de la protection des mineurs une priorité, mais aucun cadre juridique ne remplace le dialogue. Regarder ensemble comment fonctionne un réseau social, expliquer à un adolescent qu'il peut signaler un contenu ou contester une décision, lui montrer où trouver la mention « pourquoi je vois cette publicité » : ce sont autant de gestes d'éducation à la citoyenneté numérique qui transforment un droit abstrait en compétence concrète. Comprendre le DSA, c'est aussi apprendre à le transmettre.

Enfin, pour tout ce qui touche à la sécurité — fraude, hameçonnage, usurpation d'identité, contenu dangereux —, gardez en tête les bons réflexes belges. Le Centre pour la cybersécurité Belgique et sa plateforme Safeonweb proposent des conseils clairs et gratuits, et permettent de transférer les messages suspects à l'adresse dédiée suspect@safeonweb.be. Le DSA renforce le cadre européen ; Safeonweb vous accompagne, au quotidien, dans les gestes concrets de prudence. Les deux se complètent, et vous n'avez pas à choisir entre comprendre vos droits et vous protéger.

Sources