Mathieu Michel : pour une « démocratie 2.0 » au service du citoyen numérique

Day: octobre 27, 2025

À l’heure où le numérique bouleverse à la fois nos libertés individuelles et nos institutions démocratiques, Mathieu Michel défend une conviction claire : il ne suffit plus de réguler la technologie, il faut lui donner un sens. À travers son engagement politique puis associatif, il plaide pour une « démocratie 2.0 » — un modèle où le digital devient un levier de confiance, d’éthique et de participation citoyenne.

Cet article retrace son parcours, de la Déclaration de Louvain-la-Neuve (2024) à la création de l’ASBL Citoyens Numériques, qui prolonge cette ambition dans la société civile.

Pourquoi parler de « démocratie 2.0 » ?

En tant que secrétaire d’État à la Digitalisation, à la Simplification administrative et à la Protection de la vie privée, Mathieu Michel a été confronté à plusieurs tensions majeures du monde numérique :

  • La toute-puissance des plateformes et des algorithmes, qui influencent nos opinions, nos émotions et notre santé mentale.

  • Le fossé numérique, qui creuse les inégalités d’accès, de compétences et de compréhension.

  • La fragilité de la confiance envers les services digitaux, les institutions et la protection des données personnelles.

Face à cela, la « démocratie 2.0 » vise à replacer le citoyen au cœur de la sphère numérique.

Elle repose sur deux piliers essentiels :

  • Mettre la technologie au service de la participation et de la transparence.

  • Instaurer une gouvernance numérique fondée sur la confiance et la responsabilité des acteurs — publics comme privés.

Une vision stratégique de la citoyenneté à l’ère du numérique

Mathieu Michel articule sa démarche autour de cinq axes complémentaires :

  1. Un Internet plus sûr et responsable — lutter contre la surexposition, les contenus nocifs et protéger les mineurs.

  2. Une identité numérique équilibrée — concilier anonymat, pseudonymat et responsabilité, notamment par la vérification d’âge.

  3. La transparence des données — permettre à chacun de savoir comment ses informations sont utilisées et renforcer les autorités de protection.

  4. L’inclusion numérique — former et outiller tous les citoyens afin qu’aucun ne reste au bord du monde digital.

  5. L’éthique et la régulation — exiger des standards élevés de transparence algorithmique et de responsabilité des plateformes.

Cette approche ne relève pas d’une simple modernisation administrative, mais d’une philosophie politique : faire du numérique un bien commun.

La Déclaration de Louvain-la-Neuve : un tournant européen

Signée en avril 2024, la Déclaration de Louvain-la-Neuve constitue l’un des jalons majeurs de cette ambition.

Elle énonce que l’espace en ligne doit devenir « plus sûr, plus éthique, plus respectueux des droits fondamentaux ».

Les points clés :

  • Priorité à la protection des jeunes face à la surexposition et aux effets des algorithmes.

  • Application renforcée du Digital Services Act (DSA) pour encadrer les grandes plateformes.

  • Mise en avant d’une identité numérique à trois niveaux : anonyme, pseudonyme vérifiable, ou totalement vérifiée.

La portée du texte :

Cette déclaration fait de la Belgique un acteur moteur dans la réflexion européenne sur la citoyenneté numérique.

Elle relie sécurité, droits et responsabilité — non comme des impératifs techniques, mais comme les bases d’une nouvelle maturité démocratique.

De l’État à la société civile : l’ASBL Citoyens Numériques

Conscient que la démocratie ne se réinvente pas uniquement par décret, Mathieu Michel choisit de prolonger cette dynamique dans la société civile.

Il co-fonde Citoyens Numériques ASBL, un projet d’éducation, de dialogue et d’action collective autour de la citoyenneté numérique.

Objectifs :

  • Placer l’éducation à la citoyenneté numérique au centre de l’attention politique

  • Développer des outils pédagogiques à destination des enseignants et des élèves.

  • Favoriser la participation citoyenne à travers la formation et la sensibilisation.

Cette transition traduit une conviction profonde : la confiance numérique ne se décrète pas, elle se construit dans la rencontre entre institutions, citoyens et éducation.

Concrètement, que signifie une « démocratie 2.0 » ?

  • Le baromètre numérique 2025 : un instrument de mesure de la maturité citoyenne face au numérique.

  • La protection des mineurs : renforcement de la modération et de la responsabilité des plateformes via la Déclaration de Louvain-la-Neuve.

  • L’identité numérique à plusieurs niveaux, pour conjuguer sécurité et respect de la vie privée.

  • Des formations à l’inclusion numérique, afin de réduire la fracture entre connectés et exclus du digital.

  • Une transparence accrue sur les données personnelles, notamment face à l’essor de l’intelligence artificielle générative et des clones vocaux.

Les défis à relever

Cette vision ne va pas sans tensions ni paradoxes :

  • Vie privée vs vérification d’identité : comment concilier sécurité et anonymat ?

  • Inclusion vs exclusion : comment éviter que la régulation n’écarte les publics les moins connectés ?

  • Modération vs liberté d’expression : où placer la limite entre protection et censure ?

  • Cadence technologique vs lenteur législative : comment adapter le droit aux innovations permanentes ?

  • Culture citoyenne numérique : comment former des citoyens capables d’esprit critique dans l’univers algorithmique ?

Ces défis sont autant de chantiers à poursuivre pour que la démocratie 2.0 ne reste pas un idéal, mais devienne une pratique quotidienne.

Un enjeu central pour l’avenir démocratique

Promouvoir une démocratie numérique, c’est :

  • Donner à chaque citoyen les moyens de participer activement, et non de subir les flux numériques.

  • Renforcer la transparence des institutions et des entreprises.

  • Garantir une égalité d’accès et de compétences face au digital.

  • Prévenir les dérives — désinformation, manipulation algorithmique, radicalisation.

  • Réaffirmer les droits fondamentaux dans l’espace virtuel : vie privée, liberté d’expression, éducation et égalité.

Conclusion

Avec sa vision de la « démocratie 2.0 », Mathieu Michel trace les contours d’un numérique plus humain :

un espace où la technologie ne fragilise pas la citoyenneté, mais la renforce.

De la Déclaration de Louvain-la-Neuve à l’ASBL Citoyens Numériques, son parcours illustre la volonté de passer du cadre politique à l’action éducative et participative.

Reste à transformer ces principes en pratiques durables : adoption généralisée de l’identité numérique, inclusion renforcée, et diffusion d’une véritable culture citoyenne du numérique.

Le chemin est long, mais la direction est claire : faire du digital un outil de confiance, d’émancipation et de démocratie.


Cybersécurité et citoyenneté numérique : éduquer à la vigilance, le meilleur rempart contre les risques

Day: octobre 27, 2025

À mesure que le numérique s’impose dans nos vies, nos comportements en ligne deviennent un enjeu de société. On parle souvent de technologies, de logiciels de protection ou d’intelligence artificielle, mais la première vulnérabilité du monde digital reste… humaine. Un mot de passe trop simple, un clic au mauvais endroit, une pièce jointe ouverte par curiosité : c’est souvent l’utilisateur lui-même qui, sans le vouloir, ouvre la porte aux attaques.

C’est là que la cybersécurité rejoint la citoyenneté numérique. Car être un citoyen numérique, ce n’est pas seulement savoir utiliser un ordinateur ou une application : c’est aussi adopter les bons réflexes, comprendre les risques, et agir de manière responsable dans l’espace digital que nous partageons tous.

La première ligne de défense, c’est chacun de nous

Les chiffres sont clairs : la majorité des cyberattaques commencent par une erreur humaine. Les pirates exploitent la confiance, la distraction ou la méconnaissance.

C’est pourquoi l’éducation à la cybersécurité doit devenir un pilier de la citoyenneté numérique. Dès l’école, à la maison ou dans le monde professionnel, apprendre à créer un mot de passe robuste, à vérifier la source d’un message ou à se méfier des liens suspects fait partie de la culture numérique de base.

La cybersécurité n’est plus seulement une affaire d’experts : elle est devenue un enjeu collectif, au même titre que la sécurité routière ou la santé publique.

Le rôle essentiel du Centre for Cybersecurity Belgium

En Belgique, le Centre for Cybersecurity Belgium (CCB) joue un rôle clé dans cette mission de sensibilisation.

Sous l’impulsion de son équipe, le CCB ne se contente pas de surveiller les menaces : il informe, éduque et accompagneles citoyens vers une meilleure compréhension des risques numériques.

À travers la plateforme Safeonweb, le CCB propose des conseils simples, concrets et accessibles à tous pour adopter les bons réflexes au quotidien :

  • utiliser des mots de passe uniques et complexes,

  • activer la double authentification,

  • vérifier les sources avant de cliquer,

  • mettre à jour ses appareils régulièrement,

  • et signaler les tentatives de fraude.

Safeonweb est devenu un véritable outil de confiance publique, une référence pour comprendre les menaces, savoir comment les éviter et réagir en cas de doute.

L’éducation, clé d’un numérique plus sûr et plus solidaire

Former à la cybersécurité, c’est former à la responsabilité numérique. C’est aider chacun à comprendre que ses gestes en ligne ont un impact — sur soi, mais aussi sur les autres.

Dans un monde interconnecté, protéger son compte, c’est aussi protéger son entourage, sa famille, son école, son entreprise.

En intégrant la cybersécurité dans les programmes d’éducation à la citoyenneté numérique, on ne parle pas seulement de technique : on éveille l’esprit critique, on cultive la prudence et on renforce la confiance collective.

De la vigilance individuelle à la culture collective

L’enjeu de demain n’est pas seulement d’avoir des outils plus sûrs, mais des citoyens plus conscients.

Grâce à des initiatives comme Safeonweb, le CCB rappelle que la cybersécurité n’est pas une contrainte, mais une culture à partager.

Car dans le monde numérique, la sécurité n’est pas un état — c’est un comportement citoyen. Et c’est ensemble, par l’éducation, que nous pourrons construire un Internet plus sûr, plus responsable et plus humain.


Out of the Books : réinventer l’éducation pour un monde en mouvement

Day: octobre 27, 2025

À l’heure où le numérique transforme nos manières d’apprendre, de travailler et de communiquer, le besoin d’une éducation plus agile, plus vivante et plus connectée au réel n’a jamais été aussi fort. C’est dans cet esprit qu’est né Out of the Books, un festival engagé pour une pédagogie créative et ouverte, fondé par Sophie Vandenplas.

Ce projet, né en Belgique, s’impose aujourd’hui comme un véritable laboratoire d’idées pédagogiques, où enseignants, chercheurs, parents et acteurs du numérique se rencontrent pour repenser ensemble la manière de transmettre le savoir au XXIᵉ siècle.

Réenchanter l’école

Out of the Books part d’un constat simple : le monde change, mais l’école peine parfois à suivre le rythme. Les élèves grandissent dans un environnement saturé d’écrans, d’informations et de sollicitations. Face à cela, l’enjeu n’est plus seulement d’enseigner des connaissances, mais de développer des compétences : créativité, coopération, esprit critique, autonomie.

Le festival propose ainsi une vision réenchantée de l’école, qui remet l’humain et le plaisir d’apprendre au centre du processus éducatif. À travers des ateliers participatifs, des conférences inspirantes et des rencontres avec des innovateurs de terrain, il démontre qu’une autre pédagogie est non seulement possible, mais déjà à l’œuvre.

Une pédagogie agile et collaborative

L’esprit d’Out of the Books repose sur un mot-clé : agilité.

Agilité dans les méthodes, dans les formats d’apprentissage, mais aussi dans les postures des enseignants et des élèves. Le festival met en avant des initiatives qui favorisent l’expérimentation, la coopération interdisciplinaire et l’adaptation aux besoins de chaque apprenant.

Cette approche s’accorde avec les grands enjeux du numérique : apprendre à naviguer dans l’incertitude, à trier l’information, à penser de manière critique et à cultiver la curiosité. Loin de craindre la technologie, Out of the Booksinvite à l’apprivoiser, à l’utiliser pour renforcer la créativité et la confiance.

Une communauté d’acteurs engagés

Au fil des éditions, Out of the Books a su fédérer une véritable communauté éducative. Enseignants, directions d’école, chercheurs, parents et institutions publiques s’y retrouvent pour partager expériences, bonnes pratiques et réflexions sur l’avenir de l’éducation.

Cette communauté incarne une conviction forte : changer l’école, c’est d’abord créer du lien. C’est donner aux enseignants les moyens de se réinventer, et aux élèves l’envie d’apprendre autrement.

L’éducation au cœur de la citoyenneté numérique

Dans un contexte où le numérique occupe une place croissante dans les apprentissages, Out of the Books contribue aussi à l’éducation à la citoyenneté numérique.

Comment développer un usage responsable des écrans ? Comment enseigner l’esprit critique face à l’information ? Comment intégrer les outils digitaux sans perdre le sens du contact humain ?

Autant de questions qui traversent le festival et trouvent des réponses concrètes dans les pratiques partagées par les participants.

Une invitation à sortir des cadres

Fidèle à son nom, Out of the Books nous invite à sortir des livres, mais pas du savoir.

Sortir des cadres figés pour mieux relier la connaissance à la vie, la pédagogie à la créativité, l’école à la société.

Le festival, à travers l’énergie et la vision de Sophie Vandenplas et Alexia Martin, rappelle que l’avenir de l’éducation ne se résume pas à une réforme ou à une technologie : il se joue dans la confiance que nous plaçons dans notre capacité collective à apprendre autrement.